Accueil Monde arabo-musulman Habeeb Akande au sujet du prophète comparant un Éthiopien à une tête de raisin

Habeeb Akande au sujet du prophète comparant un Éthiopien à une tête de raisin

0 Deuxième lecture
0
0
365

L’écrivain anglais d’origine nigériane Habeeb Akande revient sur une citation du prophète qui a été accusée de relever d’un biais raciste et tente d’en défendre la tournure rhétorique.

Cette citation est tirée de son ouvrage « Éclairer l’Obscurité : Les Noirs et Les Nord-Africains selon L’Islam ».

Il prétend ici que l’allusion à un Éthiopien comme ayant une « tête de raisin » n’est pas raciste en soi mais relèverait d’une volonté de souligner l’importance du respect de l’ordre hiérarchique. Or que vient faire ici une référence aussi dégradante désignant le physique des Éthiopiens si ce n’est une volonté d’appuyer en réalité sur un stéréotype méprisant les visant pour renforcer une démonstration ?

On souligne l’importance de l’ordre hiérarchique en exigeant son respect et pour cela on cite l’exemple le plus extrême : un Éthiopien avec une tête de raisin ayant autorité sur des Arabes : impensable. Cette indication en référence à la « tête de raisin » n’apporte rien à la démonstration dans le sens où, pour expliciter le fait que l’on doive se soumettre à tout pouvoir, elle n’apporte rien en termes de valeur ajoutée. Si ce n’est qu’elle illustre le mépris dans lequel l’Ethiopien est inscrit et l’objet à quoi on le renvoie : le raisin. Une représentation mentale dépréciative d’une origine dans la cadre d’une interaction entre Mahomet et ses ouailles, comme s’ils se comprenaient au sujet des Ethiopiens et de la place qui leur est naturellement réservée.

Akande nie l’évidence du stigmate raciste de la société arabe à l’origine de cette expression pour déplacer le débat sur un autre terrain, tout en se contredisant puisqu’il affirme que les Arabes de l’époque ne voyaient que des Africains esclaves. Si le but n’est pas de promouvoir une idée raciste, les arguments employés pour arriver à d’autres fins appartiennent bien au catalogue des biais racistes et négrophobe en cours dans cette société.

On aurait aimé entendre Habeeb Akande si un politicien anglais des tories affirmait que pour « lui est anglais, toute personne ayant la nationalité anglaise et aimant l’Angleterre plus que tout, y compris si il a une tête de terroriste ». Même principe : caractérisation de la primauté du patriotisme sur toute autre considération mais appuyée par un stéréotype renvoyant à une image dépréciative.

La même logique est applicable au second exemple : une belle femme que l’on oppose à une esclave au nez percé. L’explication d’Akande est juste grotesque lorsque l’on sait le nombre de femmes noires réduites à l’état d’esclaves sexuelles dans la société arabe puis musulmane. Donc dire que les Arabes préféraient les femmes clairs ne répond à rien et exclut d’office l’idée qu’une femme noire puisse être belle et libre, donc pas esclave dans son esprit.

Laisser un commentaire