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Pierre Ménès : une caricature de beauf

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Pierre Ménès est vraiment une caricature de beauf. Si on s’en tient à son pseudo-raisonnement qu’il a osé pondre dans Ouest-France, – dans lequel il affirme que Gourcuff aurait-été victime de racisme au point où des joueurs refusait de lui passer le ballon – Zidane n’a mis qu’une seule et unique passe décisive à Thierry Henry dans toute sa carrière en équipe de France et tout le monde savait que le brillant meneur de jeu de l’EDF et l’attaquant d’origine martiniquaise ne s’appréciaient pas plus que ça – question de génération.

Eh bien selon la lumière Ménès, Thierry Henry peut se plaindre de racisme anti-noir…

Le niveau de connerie des 3/4 des journalistes sportifs français est juste effarant et on a eu l’occasion de s’en rendre compte durant l’affaire des « quotas ethniques« :

Gourcuff n’était pas apprécié par un clan dont le chef était un certain Franck Ribery. Qu’est ce que le racisme anti-blanc vient faire dans cette histoire ?

Pierre Ménès peut-il démontrer que Gourcuff était ostracisé parce qu’il était blanc ? Non ! La seule chose qu’il fait c’est pontifier : « ce que le groupe ou une partie du groupe a fait à Gourcuff, avant l’histoire du bus, c’est inique, ça n’a pas de mot… C’est du racisme anti-blanc. »

Inique, oui. Raciste ? Qu’il nous présente donc les preuves tangibles, sorte les noms et les situations car depuis 2011 il prétend que la vérité va sortir.

Pierre Ménès avait notamment nié l’existence d’un problème lors de l’affaire dite des « quotas ethniques » (rebaptisée en affaire dite des « bi-nationaux » par l’extrême-droite et la droite) et avait clairement affirmé que les racistes n’étaient pas là où on le croyait, en visant notamment Thuram.

Il avait aussi comparé l’enregistrement clandestin des propos en faveur des quotas ethniques à l’époque de l’occupation : « cette période nauséabonde où tout part d’une délation comme aux heures les plus sombres de notre histoire, laissera des traces. ».

Mieux encore : pour lui, dire que les Noirs sont physiques n’avait rien de raciste. Or le débat ne se situait absolument pas à ce niveau mais sur la question d’établir des quotas ethniques afin d’empêcher des joueurs d’origine africaine d’abord, de changer de nationalité puis ensuite, dans un second temps, blanchir l’équipe qui était jugée trop « basée que sur le physique des joueurs blacks ».

Raisonnement purement raciste sous-entendant que le Noir était physique alors que le Blanc était technique et que, par conséquent, pour amener de la technicité, il fallait amener de la blancheur et moins recruter de Diaby, Traoré et de Coulibaly.

Rien de raciste là-dedans ? On est en plein de-dedans. Racisme plus mise en place de mesures discriminatoires. Et que trouve-il à dire là-dessus ? Rien si ce n’est : « Je ne pensais pas non plus que c’était raciste de dire que les noirs couraient plus vite que les blancs. ».

Lire l’interview de Ouest-France 

Ci-dessous le verbatim

Erick Mombaerts (sélectionneur de l’équipe de France espoirs) : «François (Blaquart) ça mérite quand même qu’on débatte, ne serait-ce que trois minutes. Tu as évoqué les statistiques sur les derniers résultats de l’Institut national du football (à Clairefontaine): 4 internationaux A français (sélectionnés en équipe de France) 26 internationaux étrangers. 20 ou 26….

Laurent Blanc (sélectionneur des Bleus): Ça, ça me choque.

Erick Mombaerts: Ça nous choque.

Laurent Blanc: Plus qu’autre chose.

Erick Mombaerts: Est-ce qu’on s’attelle au problème et on limite l’entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité? Oui? Non? Donc, auquel cas, on est obligé de le faire sous le coude. C’est-à-dire on est obligé de le faire… Mais est-ce qu’il faut le faire. Je pense que tout le monde doit être concerné, là. Laurent, qu’est-ce que t’en penses?

Laurent Blanc: Moi j’y suis tout à fait favorable. Sincèrement, ça me dérange beaucoup. Ce qui se passe dans le football actuellement, ça me dérange beaucoup. A mon avis, il faut essayer de l’éradiquer. Et ça n’a aucune connotation raciste ou quoi que ce soit. Quand les gens portent les maillots de l’équipe nationale des 16 ans, 17 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans, Espoirs, et qu’après ils vont aller jouer dans des équipes nord-africaines ou africaines, ça me dérange énormément. Ça, il faut quand même le limiter. Je dis pas qu’on va l’éradiquer mais le limiter dans ces pôles-là…

Erick Mombaerts: Donc il faut 30%? Un tiers de gamins qui peuvent changer (de nationalité)?

François Blaquart (DTN) : Même pas.

Erick Mombaerts: Même pas ?

François Blaquart: Même pas. Faut faire un projet. Moi, j’ai dit à Gérard (Prêcheur, directeur de l’INF) qu’on allait se voir pour le concours et qu’on limite. Qu’on soit beaucoup plus pertinent dans l’approche, y compris l’évaluation sur l’état d’esprit et ainsi de suite. Je dirais qu’on a des moyens pour le faire. Avec des 12 ans, on s’est aperçu que c’était plus difficile qu’avec des 15… Surtout, qu’on se donne quelques garanties! L’idéal effectivement, c’est de dire, mais pas officiellement: de toute façon on ne prend pas plus de tant de gamins qui sont susceptibles de changer (de nationalité) à terme.

Laurent Blanc: Ou alors tu les fais passer par des critères différents de sélection. Il n’y a qu’à voir les centres de formation. Même le pôle Paris. Tu vois toujours les mêmes gens parce qu’ils répondent toujours aux mêmes critères de sélection.

François Blaquart: On peut baliser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit. Ça reste vraiment que de l’action propre. Bon voilà, on fait attention. On a les listes, à un moment donné…

Erick Mombaerts: Il faut qu’on s’attaque au problème, quand même!

Laurent Blanc: Moi c’est pas les gens de couleur qui me posent un problème. C’est pas les gens de couleur, c’est pas les gens nord-africains. Moi j’ai aucun problème avec eux. Mais le problème, c’est que ces gens-là doivent se déterminer et essayer qu’on les aide à se déterminer. S’il n’y a – et je parle crûment – que des blacks dans les pôles (de jeunes) et que ces blacks-là se sentent français et veulent jouer en équipe de France, cela me va très bien.

Erick Mombaerts: Mais ça, on ne peut pas savoir à 13 ans, quand ils rentrent dans nos structures. On ne peut pas savoir. Ils vont te dire qu’ils se sentent français.

Laurent Blanc: Tu peux les aider à s’identifier…

François Blaquart: Il faut identifier. Parce que bon, c’est pas la couleur qui fait… Il y a des gens qui sont, de toutes façons et fondamentalement, de souche française.

Laurent Blanc: Mais bien sûr. Aussi français que toi et moi.

François Blaquart: Et puis la deuxième chose, je rejoins ce que dit Laurent: sur l’état d’esprit, il faut effectivement gratter un peu…

Erick Mombaerts: Oui, enfin ça va pas être simple. Je crois qu’il vaut mieux s’auto-limiter. Il y a bien des clubs comme Lyon (l’Olympique lyonnais) qui le font dans leur centre de formation. Ils le font systématiquement. J’étais à Marseille là. Et Henri Stambouli (le patron du centre de formation de l’OM) le met en place sur Marseille. Pareil, ils vont limiter le nombre. Voilà. Les clubs, ça y est, ils sont en train de réfléchir. Et ils vont le mettre en place aussi. Ils le supportent plus

Francis Smerecki (entraîneur des – 20 ans) : J’entends bien, mais si on enlève tous ces gens-là ? ! Si le mec a envie d’être international, c’est quand même normal qu’il aille vers un pays où il va pouvoir jouer. Je pense que c’est humain quand même. T’as été joueur de très haut niveau, Laurent. Si tu n’avais pas pu jouer en équipe de France…

Laurent Blanc: J’aurais pas demandé à jouer ailleurs. C’est aussi simple que ça.

Francis Smerecki: Non mais y en a. Et on peut reconnaître que c’est humain de vouloir jouer.

Laurent Blanc: Je le reconnais. Mais il ne faut pas que ce soit tous les joueurs qui puissent faire ça. Parce que tous les blacks, si tu enlèves les Antillais, ils ont des origines africaines. Donc, africaines, ils vont pouvoir aller dans une équipe africaine.

Francis Smerecki: Les Polonais, quand on est arrivé, on était blanc, et puis la France a eu cette influence polonaise. Et puis ça nous a quand même servis. Aujourd’hui, les règlements ont évolué. Les blacks aujourd’hui, parce que ça a été l’Afrique, et on est fautifs quand même parce qu’on a été les chercher quelque part par wagons entiers. Et aujourd’hui, on voudrait s’en séparer?

Laurent Blanc: J’ai pas dit s’en séparer.

Francis Smerecki: Ben si, quelque part, puisque certains avancent le nombre de 30%. C’est qu’on veut s’en séparer, d’une manière ou d’une autre. Il faut être concret. Le deuxième point, c’est que si tous ces gens-là, blacks ou beurs, ou autres, on les enlève, est-ce qu’il va nous rester une division?

Erick Mombaerts: On ne veut pas les enlever! Les clubs pros, ils peuvent les prendre. Ils se répartissent! Là on parle des structures fédérales. Nous on travaille pour le football français, on ne travaille pas pour les sélections étrangères.

Francis Smerecki: Et en même temps que tu travailles pour le football français, tu travailles pour l’équipe de France et aussi pour les clubs. Le football français, c’est pas que l’équipe de France! Mais aujourd’hui, ceux-là, si on les enlève… je sais pas si on a une division.

Laurent Blanc: Tu retournes l’argument!

Erick Mombaerts: Mais on veut pas les enlever. Ils vont dans les sections sportives élites (en milieu scolaire).

Francis Smerecki: Je ne retourne pas l’argument. Je dis: première chose, c’est discriminatoire. Et si on enlève la totalité des gens qui peuvent choisir, pour une autre sélection (étrangère) éventuellement, je ne sais pas si on a une division. Parce que quelque part, même s’ils vont jouer dans un autre pays, il y a des clubs de Ligue 2 qui vivent avec ces joueurs-là. (… un des participants rappelle qu’il y a « 300 joueurs français » formés dans l’Hexagone qui jouent dans des clubs étrangers. Laurent Blanc revient, insistant, sur les critères de selection des jeunes…)

Laurent Blanc: Là, on parle d’enfants de 12 ans, 13 ans ou 14 ans.

Francis Smerecki: Tu peux pas dire à des gens de troisième génération, qui sont nés sur notre sol… Un gamin qui va jouer, je sais pas, pour la Libye ou pour la Guinée, s’il a le choix, si tu le prends (en équipe de France), il va aller avec toi, Laurent. Il ne va pas aller là-bas.

Erick Mombaerts: S’il te plaît. Moi je vais prendre le problème à l’envers. Quand on parle des structures, c’est aussi la place qu’ils prennent. Moi ce qui m’intéresse c’est que le jeune qui va jouer pour l’équipe de France puisse être en équipe de France de jeunes.

Francis Smerecki: Ecoute, moi, ce qui me gêne sur le fond, c’est (qu’il y a) celui qui a la possibilité d’être français-français et d’aller avec Laurent, et celui, parce qu’il n’a pas assez d’aptitudes et de talent pour aller avec Laurent et qui va aller dans un autre pays, et c’est celui-là que vous voudriez éliminer. C’est impossible.

François Blaquart: C’est pas forcément l’éliminer.

Francis Smerecki: Le limiter? Ça veut dire que vous allez garder lesquels? Les blancs? Les moins bons?

Erick Mombaerts: Ça ne te choque pas que l’INF ait sorti quatre internationaux français et 26 internationaux étrangers? Est-ce qu’on peut pas basculer un petit peu. Basculer.

Francis Smerecki: Attends, vous allez pas prendre « Dédé » pour plus con qu’il l’est. Les bons jeunes blancs, s’il avait eu un jeune talentueux blanc, il aurait pris, non?

(… près d’une heure plus tard, le sélectionneur des Bleus reprend la parole pour relancer le débat sur ces thèmes…).

Laurent Blanc: On veut pas éliminer les étrangers, pas du tout, mais faire en sorte que les pôles Espoirs ou les pôles de la DTN testent sur des critères mieux définis pour pouvoir attirer d’autres personnes, parce que si on a toujours les mêmes critères, y aura toujours les mêmes personnes. Et plus ça va, plus ça va être encore davantage. Parce que je suis sur les terrains tous les samedis, je vois quelques centres de formation: on a l’impression qu’on forme vraiment le même prototype de joueurs: grands, costauds, puissants. Qu’est-ce qu’il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks. Et c’est comme ça. C’est un fait actuel. Dieu sait que dans les centres de formation, dans les écoles de football, ben y en a beaucoup. Je crois qu’il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d’autres critères, modifiés avec notre propre culture. Je vais vous citer les Espagnols: ils n’ont pas ces problèmes-là. Ils ont des critères de jeu qui sont très précis, à 12-13 ans.

Erick Mombaerts: C’est ça le projet.

Laurent Blanc: Avec notre culture, notre histoire, etc. Les Espagnols, ils m’ont dit: « Nous, on n’a pas de problème. Nous, des blacks, on n’en a pas. »

Erick Mombaerts: Mais Laurent, le phénomène que tu évoques, c’est tellement ancré chez nous que les petits gabarits blancs qui sont dans les pôles Espoirs, les clubs pro me les laissent sur les bras. Ils ne les prennent pas, n’importe comment, même si c’est des bons joueurs!

Laurent Blanc: Les clubs ils auront toujours leurs critères de sélection. Ça tu pourras pas… Même si en formant des éducateurs, tu vas pouvoir peut-être à la longue changer un petit peu les choses, ou influencer un peu. Mais c’est surtout dans les pôles qu’il faut avoir ces critères-là. Un participant sort de ses gonds et rappelle qu’un bon joueur est efficace quelle que soit sa couleur de peau, rouge ou blanche, sa taille, grande ou petite.

Laurent Blanc: Oui, mais en ce moment tu n’as pas le choix puisque tu as toujours le même stéréotype de joueurs, tu exagères. Je vois les centres de formation, je les vois de Bordeaux, des cités, et tu as toujours le même stéréotype de joueurs, je suis désolé ! Tu vas aller au centre de formation de Bordeaux, tu vas prendre les joueurs, mais des petits bons joueurs, tu n’en auras pas. Donc il faut inciter.

Erick Mombaerts: Est-ce qu’on peut essayer de proposer avant la fin de l’année un projet, quelque chose de différent, bon pas fondamentalement différent, mais qui va être force de projet. Dire: voilà on va s’attaquer à ça. Bon, on a compris aussi qu’on a besoin d’ouverture, de proposer quelque chose et qu’on peut s’attaquer à quelques croyances bien établies, notamment le jeu, hein, le jeu, au détriment peut-être de l’individu. Mais le jeu, forcément, ça va être d’intégrer d’autres types de joueurs. Parce que le jeu, c’est l’intelligence, donc c’est d’autres types de joueurs. Donc tout est lié, tout est lié!»

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