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Le djihad en RD-Congo: un califat en gestation dans les Grands Lacs africains

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La ville de Beni, dans l’est de la République Démocratique du Congo, a été secouée cette semaine par de nouveaux affrontements à l’arme lourde entre l’armée congolaise et des miliciens. La région a été ravagée par des massacres qui ont fait des milliers de morts. Le journaliste congolais Nicaise Kibel’bel y a mené une enquête. Pour lui, un califat est en gestation dans cette province.

Il règne dans ces contrées une barbarie exercée au nom de la charia, explique Nicaise Kibel’bel à Géopolis Afrique. Le journaliste d’investigation congolais connaît bien le Nord-Kivu, où les islamistes ont élu domicile. Ils recrutent à tour de bras des jeunes au sein d’une population effrayée et abandonnée à elle-même face à une véritable entreprise criminelle, dénonce notre confrère.

«Cette entreprise a commencé par une campagne de séduction. Elle s’est d’abord installée dans la grande forêt du parc national des Virunga, dans la grande forêt du Mont Ruwenzori. Elle a pris contact avec les populations locales. Elle a épousé des Congolaises. Elle a organisé un petit commerce avec des jeunes gens. Elle a tissé des liens presque indéboulonnables avec la population avant qu’elle ne commence à poser ses actes.»

Le Kivu, ventre mou de la région des Grands lacs
L’installation des islamistes a été facilitée par le chaos qui règne dans cette région de l’est de la RDC. C’est le ventre mou de la région des Grands lacs africains qui regroupe autour de la RDC, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et le Kenya, constate Nicaise Kibel’bel qui tire la sonnette d’alarme dans un livre publié aux éditions Scribes intitulé L’avènement du Djihad en RD-Congo, un terrorisme islamiste ADF mal connu.

«Moi je ne parle pas au conditionnel. Je parle au présent. Le terrorisme islamique fait déjà rage. Dans mon livre, nous donnons des témoignages des rescapés, des otages, des enfants, des femmes violées, des cranes fracassés.» 

Des horreurs commises par des fanatiques musulmans issus de la secte pakistanaise Tabliq qui s’est installée d’abord en Tanzanie dans les années 1920. Comme l’indique l’auteur du livre, ils ont ensuite frappé en Ouganda à partir des années 1990 avant de se réfugier dans les montages du Ruwenzori, à l’est de la RDC, à partir de 1995.

«Effectivement, le terrorisme islamiste s’est installé dans le Kivu, notamment à Béni au Nord-Kivu par trois entrées. Vous avez Uvira qui est au Sud-Kivu à la frontière avec la Tanzanie; Béni, à la frontière avec l’Ouganda et l’Ituri au nord-est de la RDC. Ils ont bénéficié de la porosité des frontières et ont trouvé un terrain où les paysages leur sont  favorables. Avec la forêt et ses ravins, avec ses falaises, ses grottes et tout ce que la nature peut donner dans la forêt impénétrable du Parc des Virunga. C’est là qu’ils ont installé leur base qu’ils appellent Medina.»

«Leurs prisons sont des armoires à clous»
Medina, en plein cœur du Parc national des Virunga, est donc devenu le quartier général de ces djihadistes qui se réclament du groupe Défense Musulmane Internationale/ADF. Ils y font régner la terreur au nom du religieux.

«Ils sont venus comme de bons musulmans, puis ils ont commencé à pratiquer le Djihad. C’est-à-dire que vous avez à la main gauche le coran, à la main droite la Kalachnikov. Il faut voir ce qu’ils font. Par exemple, la décapitation, les mains ou les oreilles des gens sont coupées. Des punitions sous forme de coups de fouet jusqu’à ce que mort s’en suive. Ils font des crucifixions. Leurs prisons sont des armoires à clous où vous entrez debout et pour vous tuer, on fait bouger l’armoire pour que les clous rouillés vous pénètrent. Vous attrapez le tétanos et vous mourrez.»

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