Dimanche matin, comme je le fais d’habitude, je regarde la page ONPC sur Youtube pour voir qui étaient les invités de l’émission de Ruquier et je tombe sur cette vidéo.

Je pouffe de rire en entendant les excuses : l’association du mot « chocolat » présentée comme un hymne à la femme noire. Et je me dis en rigolant : « Il y a des Noirs qui vont croire naïvement à cette explication fumeuse et de circonstance selon laquelle il voulait rendre hommage à la femme noire ? »

Les chocolats « Ras el abed » signifiant « tête de nègres » ou « têtes d’esclaves » vendus sous la marque Sambo au Proche-Orient. En 2010, suite aux polémiques, ces chocolats ont pris le nom de « Tarboush »

 Rendre hommage à la femme noire en l’appelant « chocolat » alors que « chocolat » fait parti en Afrique du Nord et plus largement dans le monde musulman des poncifs et quolibets racistes que les locaux utilisent pour désigner de manières péjoratives les « Africains » comme sur cette vidéo à 5mn ? Mais bien sûr, il ne le savait pas.

Rien dans les paroles n’évoque un respect de la femme noire : ce chanteur a juste fait une chanson coloniale ordinaire dans laquelle il désigne du terme « chocolat » les femmes noires qu’il perçoit comme une confiserie exotique. Sauf qu’il n’assume pas la vague de réactions négatives et a dû inventer en catastrophe cet alibi en y mêlant les « Noirs qui ne sortent qu’avec des Maghrébines en dénigrant les Noires ». La bonne excuse! Il aurait plutôt mieux fait de faire un hymne à la femme maghrébine insultée de « putes » sur plusieurs commentaires Youtube dès qu’elle apparaît sur la vidéo d’un artiste noir, non ?

Ci-dessous, une blogueuse algérienne nous parle naturellement des gâteaux « kahlouchi » en admettant leur signification sans que cela ne lui pose le moindre problème, au contraire cela semble la faire rire : pourquoi donc assimiler des gâteaux au chocolat à un homme noir ? Ce qui démontre, s’il en était besoin, que l’association « chocolat » et « noir » fonctionne très bien dans les pays arabo-musulmans qui peinent encore à admettre la persistance des stigmates de leur négrophobie séculaire liée à l’esclavage et au racisme qui ont coexisté pendant plus de 1000 ans.

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