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Les articles de Kahm Piankhy : Montesquieu ou l'ironie au second degré
Posté par Piankhy le 27/05/2006 01:00:00 (10776 lectures) Articles du même auteur

Montesquieu, à l'instar de Voltaire, bénéficie d'une aura internationale sans faille au titre de son dévouement aux causes des oppressés et des faibles. Au point où quelques sophistes célébrant les Lumières de façon dévote et aveugle n'admettent aucune contestation, aucun questionnement sur ces postulats.


 

Pourtant, depuis bien longtemps, courent les bruits les plus contradictoires sur le compte de Montesquieu à qui la rumeur prête une détestation telle de la traite et de l'esclavage des Noirs qu'il dut utiliser un ton ironique pour le condamner fermement dans « De l'esprit des lois ». La pugnacité et l'assurance des disciples inconditionnels des Lumières se sont très vite attachées à présenter le fameux texte de Charles-Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu comme étant l'un des fleurons de la position officielle des philosophes des Lumières contre l'esclavage.

La preuve était là : Voltaire était une mère Térésa anti-esclavagiste et Montesquieu, la bonté humaniste même, serait un admirable héros de la défense des Noirs. On omettra « juste » de dire que le premier était un négrophobe totalement hystérique – ceci expliquant pourquoi on préfèrera largement évoquer le Voltaire politiquement correct de « Candide » alors que le Voltaire raciste et haineux de « Essai sur les moeurs », est lui totalement oublié. Passons.

Voici donc le texte polémique intégral du chapitre V – Livre XV – de « De l'esprit des lois » qui a valu à Montesquieu le statut de défenseur des Noirs et d'anti-esclavagiste :

Citation :

« Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :

Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique pour s'en servir à défricher tant de terres.

Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.

Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre.

On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir. Il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité, que les peuples d'Asie qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu'ils ont avec nous d'une façon plus marquée.

On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d'une si grande conséquence qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.

Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez des nations policées, est d'une si grande conséquence.

Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.

De petits esprits exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains. Car, si elle était telle qu'ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ? »

A première vue, le texte semble raciste. Pourtant, Montesquieu penserait l'exact contraire de ce qu'il y dit. Et à cela, rien ne résiste. Une simple recherche sur votre moteur de recherche préféré avec la phrase « Montesquieu + de l'esclavage des nègres » donne une vision effrayante mais toutefois très précise du formatage de la pensée dans ce domaine.

Mais qu'est-ce que Montesquieu cherche réellement à dire dans son texte et, plus généralement, dans « De l'esprit des lois » ? Est-il réellement anti-esclavagiste comme on le prétend ? Ce texte est-il de l'ironie ?

En lisant entièrement « De l'esprit des lois », on comprend un peu mieux sa pensée. Et force est de constater que cette lecture est un démenti catégorique de l'idée d'un Montesquieu anti-esclavagiste.

Le livre XV de « De l'esprit des lois » - qui est celui qui évoque le plus l'esclavage - commence à intriguer dès les premières lignes du sous-titre : « Comment les lois de l'esclavage ont du rapport avec la nature du climat ».

Puis, au fil de la lecture, on semble reconnaître le Montesquieu tant encensé pour son empathie envers les esclaves lorsqu'il affirme que l'esclavage « n'est utile ni au maître ni à l'esclave ; à celui-ci parce qu'il ne peut rien faire par vertu ; à celui-là, parce qu'il contracte avec les esclaves toutes sortes de mauvaises habitudes, qu'il s'accoutume insensiblement à manquer à toutes les vertus morales, qu'il devient fier prompt, dur, colère, voluptueux, cruel ». ( Livre XV, Chapitre I )

Mais on déchante au moment où l'on comprend la profondeur réelle du raisonnement qui vient juste après cette citation qui annonçait pourtant les meilleures intentions : « Dans les pays despotiques, où l'on est déjà fous d'esclavage politique, l'esclavage civil est plus tolérable qu'ailleurs. Chacun y doit être assez content d'y avoir la subsistance et la vie. Ainsi la condition de l'esclave n'y est guère plus à charge que la condition de sujet. Mais dans un gouvernement monarchique (...) il ne faut point d'esclaves. » ( XV, I )

La pensée réelle de Montesquieu se réduit en effet à cela : l'esclavage dans les pays « despotiques », quoiqu'il ne soit pas très moral, n'en demeure pas moins acceptable et compréhensible alors que rien ne le justifie dans les monarchies du nord. Il utilisera ainsi sa « théorie des climats » pour expliciter chacun de ses points de vue :

Citation :

« Les peuples des pays chauds sont timides comme les vieillards le sont ; ceux des pays froids sont courageux comme le sont les jeunes gens.(...) nous sentons bien que les peuples du nord, transportés dans les pays du midi, n'y ont pas fait d'aussi belles actions que leurs compatriotes qui, combattant dans leur propre climat, y jouissent de tout leur courage. (...) Vous trouverez dans les climats du nord des peuples qui ont peu de vices, assez de vertus, beaucoup de sincérité et de franchise. Approchez des pays du midi vous croirez vous éloigner de la morale même ; des passions plus vives multiplient les crimes (...) La chaleur du climat peut être si excessive que le corps y sera absolument sans force. Pour lors l'abattement passera à l'esprit même : aucune curiosité, aucune noble entreprise, aucun sentiment généreux ; les inclinations y seront toutes passives ; la paresse y sera le bonheur ». ( XIV, II )

En somme, plus on s'éloigne du nord et plus on s'écarte de l'humain parfait, de l'homme noble. On ne comprendra décidément rien de la soi-disant ironie tant que l'on n'aura pas saisi cette essentielle « théorie des climats ». Dans cette théorie, il est considéré que dans les pays chauds, le despotisme relèverait de l'inné, serait naturel et se conjuguerait ainsi très aisément à un « déterminisme climatique ». De même, Montesquieu garantit de manière tout aussi péremptoire que « les Indiens sont naturellement sans courage » et, à leur propos, ainsi qu'à tous ceux des climats chauds, voici ce qu'il dit :

« une bonne éducation est plus nécessaire aux enfants, qu'à ceux dont l'esprit est dans la maturité ; de même les peuples de ces climats ont plus besoin d'un législateur sage, que les peuples du notre ». ( III, XIV )

A aucun moment du désormais célèbre « De l'esclavage des nègres », qui forme le chapitre V du Livre XV, Montesquieu ne prend position clairement contre l'esclavage des Noirs. Rien ne permet de dire de manière catégorique que le texte correspond à la vision réelle de Montesquieu sur l'esclavage. De tous ceux qui affirment que ce texte est ironique, combien ont lu entièrement le livre dont est tiré ce passage ?

Dans le chapitre II du livre XVII titré « Différence des peuples par rapport au courage », il se contredit encore :

Citation :

« Les peuples du nord de la Chine sont plus courageux que ceux du midi ; les peuples du midi de la Corée ne le sont pas tant que ceux du nord. Il ne faut pas être étonné que la lâcheté des peuples des climats chauds les ait presque rendus toujours esclaves, et que le courage des peuples des climats froids les ait maintenus libres ».

Comment un philosophe qui explique ici explicitement qu'il n' y a guère de raison de s' étonner de la servitude des peuples du midi (donc du sud), peut-il être comptable d'une prétendue ironie qui visait à dénoncer ce qu'il cautionnait tout au long de « De l'esprit des lois » ? A moins de justifier d'une versatilité supersonique en circuit fermé ( rappelons que le livre a été écrit sur plusieurs années et publié en 1748 ) on ne voit pas le bien-fondé d'une telle affirmation.

L'Afrique est bien évidemment accusée du crime de lèse-majesté : celui d'appartenir aux pays chauds puisqu'elle « est dans un climat pareil à celui du midi de l'Asie » ( XVII, VII )

Ce passage est très intéressant car il permet une fois de plus de réfuter l'idée d'un Montesquieu anti-esclavagiste : quand on fait le rapprochement entre la fameuse « théorie des climats » et « De l'esclavage des nègres », on ne sent pas que l'un soit le diamétral opposé de l'autre. Certains passages se recoupent d'ailleurs tellement qu'il est presque impossible d'affirmer, catégorique, que pour connaître l'avis de Montesquieu il suffirait de procéder à une inversion symétrique de ce qu'il exprime. Mieux encore, en évaluant ce qu'il écrit au sujet des Asiatiques du midi, on peut se faire une idée objective de ce qu'il pense des Africains puisque sa « théorie des climats » observe des inaptitudes appartennant aussi bien aux Africains qu'aux Asiatiques du midi. Or ce qu'il dit de ces Asiatiques est sans ambages et s'applique a fortiori aux Africains.

Dans le chapitre titré « Des peuples d'Afrique », Montesquieu confirme ce qu’il pense des Africains, à savoir qu’ils sont dans leur grande majorité des barbares ou des sauvages :

Citation :

« La plupart des peuples des côtes de l’Afrique sont sauvages ou barbares. Je crois que cela vient beaucoup de ce que des pays presque inhabitables séparent de petits pays qui peuvent être habités. Ils sont sans industrie ; ils n'ont point d'arts ; ils ont en abondance des métaux précieux qu'ils tiennent immédiatement des mains de la nature. Tous les peuples policés sont donc en état de négocier avec eux avec avantage; ils peuvent leur faire estimer beaucoup des choses de nulle valeur, et en recevoir un très grand prix » ( Livre XXI, chap. II )

Ce passage souligné reprend exactement la même thèse défendue dans le  Livre V du chapitre XV qui nous est pourtant présenté comme ironique !

Citation :

« Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez des nations policées, est d'une si grande conséquence »

En comparant ces deux passages, les similitudes sont pour le moins frappantes. Or, on continue d’affirmer que le second passage serait du second degré alors que Montesquieu défend fondamentalement la même thèse selon laquelle les Africains n’ont pas le sens commun et sont tellement peu au fait de la civilisation qu’ils n’ont aucune conscience de la valeur de l’or.

Cette thèse est défendue par René Pommier. Voici ce qu'il écrit :

Citation :

 

"Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez des nations policées, est d'une si grande conséquence."

Voilà l'argument sans réplique qui, dans l'esprit de l'esclavagiste, doit emporter la conviction de tous ceux qui hésiteraient encore à admettre que les nègres ne sont pas des hommes. Aussi triomphe-t-il, comme l'indiquent la construction de la phrase lancée par "Une preuve que", l'alexandrin bien cadencé : "c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre" [23], ainsi que le rythme assez ample et bien équilibré de la fin : "qui, chez des nations policées, est d'une si grande conséquence" [24]. Et, s'il triomphe, c'est que l'argument lui paraît capital parce qu'il ne s'appuie plus sur des critères physiques, mais sur un critère intellectuel. Quelle que puisse être, en effet, l'importance de la couleur de la peau, il serait bien difficile de refuser aux noirs la qualité d'hommes, s'ils manifestaient une intelligence égale ou comparable à celle des blancs. Or comment peut-on supposer un instant, suggère l'esclavagiste, qu'il puisse y avoir une forme d'intelligence véritablement humaine chez des êtres qui dédaignent l'or et lui préfèrent le verre ?


Mais, derrière l'esclavagiste qui affecte de ne voir dans l'attitude des noirs que puérilité et stupidité, on entend Montesquieu dénoncer la cupidité de ceux qui les dupent et qui ont encore l'impudence de se moquer d'eux [25]. Pourtant l'attitude des noirs n'a rien d'étonnant, car, si en Europe l'or est rare, et le verre, très commun, il n'en est pas de même pour les Africains. L'esclavagiste ne veut pas voir que la valeur de l'or repose sur la convention et que c'est sa rareté surtout qui a fait sa fortune. Il ne possède en lui-même aucune vertu extraordinaire pouvant justifier qu'on lui attache spontanément une grande valeur. Mais, si l'on objectait à l'esclavagiste que l'importance intrinsèque de cet or, dont il parle avec une sorte de respect mystérieux ("l'or, qui ... est d'un si grande conséquence"), n'est pas rationnellement évidente, il répondrait sans doute que c'est justement une de ces choses que les nations policées savent instinctivement. Car, entre autres critères, mais celui-ci pourrait bien être le plus important, c'est suivant qu'elles attachent ou non une grande importance à l'or qu'il définit les nations comme policées ou non. Là encore l'argumentation de l'esclavagiste relève donc du cercle vicieux et l'on résumerait parfaitement son point de vue en disant que, pour lui, ce qui prouve le mieux que les nègres ne sont pas des hommes, c'est qu'ils n'ont pas l'idée que les nègres ne sont pas des hommes.

 

Il suffit pourtant de comparer les deux passages pour voir qu'ils forment bien le fond de sa pensée et pas une dénonciation...

Le chapitre VI du livre XV - soit celui qui suit immédiatement celui nommé « De l'esclavage des nègres » est intitulé « Véritable origine du droit de l'esclavage ». Y est défendu la thèse d'un droit juste de l'esclavage concernant ceux qui se mettent en servitude au profit des opposants qui « tyrannisent le gouvernement [...] C'est là, l'origine juste et conforme à la raison de ce droit de l'esclavage très doux que l'on retrouve dans quelques pays »

Si l'esclavage est contre nature c'est d'abord parce que, tout de même, les hommes naissent avant tout égaux. Montesquieu l'admet volontiers mais il subtilise constamment son avis. Pourtant, dans le chapitre suivant, le VII du livre XV nommé « Autre origine du droit de l'esclavage », ses positions sont clairement tranchées en faveur d'un autre droit de l'esclavage. Et là, c'est encore et toujours le bon moment pour le surgissement de sa « théorie des climats » :

Citation :

« Il y a des pays où la chaleur énerve le corps et affaiblit si fort le courage, que les hommes ne sont portés à un devoir pénible que par crainte du châtiment : l'esclavage y choque donc moins la raison. Aristote veut dire qu' il y a des esclaves par nature ; et ce qu'il dit ne le prouve guère. Je crois que, s' il y en a de tels, ce sont ceux dont je viens de parler. Mais, comme tous les hommes naissent égaux, il faut dire que l'esclavage est contre la nature, quoique, dans certains pays il soit fondé sur la raison naturelle ; et il faut bien distinguer ces pays d'avec ceux où les raisons naturelles même les rejettent, comme les pays d'Europe où il a été si heureusement aboli »

Si les hommes naissent égaux, il n'en reste pas moins que la nature reprend des fragments de cette « égalité provisoire » pour les requalifier selon le climat. Ce qui, par conséquent, est valable pour les « pays chauds » ne l'est pas pour la France. Et si parmi ces hommes se trouvent des hommes qui, par la force de leur environnement climatique, sont en servitude, rien ne devrait choquer outre mesure. Du climat qui se constitue en socle déterministe, s'établit naturellement une règle que même la morale émancipatrice des Lumières ne peut endiguer ou condamner.

N'est-ce pas assez clair lorsqu'il garantit : Citation :

« Il faut donc borner la servitude naturelle à de certains pays particuliers de la terre. Dans tous les autres, il me semble que, quelque pénibles que soient les travaux que la société y exige, on peut tout faire avec des hommes libres » ? ( XV, VIII )

Borner la servitude naturelle à certains lieux comme les colonies et les pays du midi, par exemple ! Montesquieu le dit bien « l' objet de ces colonies est de faire le commerce à de meilleures conditions qu'on ne le fait avec les peuples voisins » ( XXI, XXI ).

Voilà exactement ce en quoi Montesquieu donne l'impression de croire. Le philosophe parle donc ( très peu ) des colonies françaises dans son oeuvre et, étrangement, ce n'est pas pour y dénoncer l'injustice mais plutôt pour louer leur grandeur :

Citation :

« Les Carthaginois, pour rendre les Sardes et les Corses plus dépendants, leur avaient défendu, sous peine de la vie, de planter, de semer, et de faire rien de semblable ; ils leur envoyaient d'Afrique des vivres. Nous sommes parvenus au même point, sans faire des lois si dures. Nos colonies des îles Antilles sont admirables ; elles ont des objets de commerce que nous n'avons ni ne pouvons avoir ; elles manquent de ce qui fait l'objet du nôtre (...) La navigation d'Afrique devint nécessaire ; elle fournissait des hommes pour le travail des mines et des terres d'Amérique. L'Europe est parvenue à un si haut degré de puissance, que l'histoire n'a rien à comparer là-dessus (...) » ( XXI, XXI )

Montesquieu connaît parfaitement le sort des Noirs en Amérique mais il le traite par le silence pour mieux célébrer la puissance de l'esprit de commerce. Il le dit lui-même : « les colonies sont admirables ». Il n'y demande pas l'abrogation de l'esclavage des Noirs qu'il sait être cruel, puisque lui-même vendait son vin outre-mer et était très bien installé dans les milieux marchands - donc négriers - de Bordeaux, parmi lesquels il comptait beaucoup d'amis.

Il faut avoir lu « De l'esprit des lois » au moins du livre* X au livre XXI pour comprendre la portée de la pensée décrite dans la prétendue ironie. Malheureusement, peu de ceux qui se laissent mystifier par le procédé rhétorique de « De l'esclavage des nègres » en ont pris la peine. Ils se contentent de se plagier les uns et les autres.

Ue preuve : le chapitre nommé De l'esclavage des nègres est le chapitre 5 (V). Pourtant sur internet, on retrouve sur plusieurs sites la même erreur qui prétend que le chapitre nommé De l'esclavage des nègres est le chapitre 6 (VI). Or le chapitre VI est nommé Véritable origine du droit de l'esclavage !

Qu'est-ce que cela prouve ? Que tous ces gens qui défendent la thèse de l'ironie n'ont absolument pas lu le livre en entier mais se sont contenté d'accepter une idée qui est que cette portion bien précise du livre est du second degré.

Mettez "de l'esclavage des nègres chapitre 6" dans Google et constatez par vous-mêmes le nombre de sites qui  citent le chapitre 6. Une fois que vous avez constaté cela, cliquez ici pour voir à quoi correspond le chapitre 6 du Livre XV.

Conclusion : On a très vite fait de Montesquieu un anti-esclavagiste sur la base d'un seul et unique texte qu'on nous a présenté comme ironique. La lecture de la seconde partie de De l'esprit des lois nous montrent un Montesquieu plus pragmatique qu'anti-esclavagiste.

Source : www.Piankhy.com

Kahm Piankhy

Janvier 2006 (actualisé décembre 2008)

* De l'esprit des lois est divisé en plusieurs "livres" qui sont eux-mêmes divisés en "chapitres"

Note: 7.00 (4 votes) - Noter cet article -


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