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Effarant, le nombre de commentaires qui affirment sur la toile que Pascal Sevran dit « tout haut ce que la majorité pense tout bas » . Qu’en est-il de la réalité ? Est-ce que Pascal Sevran a raison de corréler le taux de fécondité des femmes nigériennes et africaines avec l’hyperactivité sexuelle des Noirs en général ? Pour certains, la réponse est OUI.
D’abord, il est amusant de voir un homosexuel déclaré comme Pascal Sevran lier « sexualité » et « fécondité-natalité ». Soit, exactement ce que les homophobes religieux assumés reprochent eux-mêmes aux homosexuels qu’ils présentent volontiers comme des déviants inspirés uniquement par la débauche, sans désir de donner la vie. C’est le sexe pour le sexe. Pascal Sevran raisonne pareillement : les Nigériens sont aussi portés sur le sexe et ne pensent qu’à ça. Sauf qu’eux le font entre hommes et femmes, ce qui explique le fort taux de natalité et la famine. L’avantage des homosexuels sur les hétérosexuels serait de ne pas pouvoir s’engrosser entre eux. Il faut donc une solution radicale pour régler ce problème et cette solution c’est la stérilisation. C’est à dire, la suppression totale de la faculté de se reproduire.
En Chine, par exemple, les autorités autorisent chaque couple chinois à avoir légalement un unique enfant et l’on sait ce que cela a donné : la Chine s’est retrouvée avec un nombre d’hommes supérieurs à celui des femmes, sachant que la majorité des familles chinoises préfèrent largement avoir un garçon plutôt qu’une fille. On n’évoquera pas les avortements clandestins, voire les meurtres de bébés de sexe féminin quelques heures après leur naissance.
La Chine a donc « réussi » à réguler la croissance exponentielle de sa population. Mais à quel prix ! Et est-ce que cela signifie que les Chinois « baisent » moins qu’avant ? Quel rapport entre fécondité et luxure, entre moyen de contraception et hyperactivité sexuelle ? Aucun.
Et c’est là que tous les petits arriérés qui se ridiculisent en reprenant à leur compte des phrases comme « Pascal Sevran dit tout haut des vérités qui fâchent » méritent bien leur statut d’imbéciles. On en a entendu de cette tripotée de crétins chez Jean-Marc Morandini ( voir la vidéo ci-jointe ), toutes ces petites mamies réacs qui, à la fin de l’émission - à midi pile - doivent naturellement basculer sur Radio Courtoisie pour se rappeler avec nostalgie du « pays réel ». Étrangement, sur la chaîne TV Direct 8, le même Jean-Marc Morandini qui a posé sensiblement la même question à un panel de Français n’a pas du tout obtenu la moindre réponse affirmant que Pascal Sevran disait tout haut ce que la majorité des Français pense tout bas. À la radio, protégés par l’anonymat, les lâches auditeurs ne sont qu’une voix et un prénom, rien de plus. Leur instinct naturel peut donc s’exprimer sans trop d’embarras. En revanche, assumer de telles idées devant des spectateurs et des téléspectateurs à visage découvert, c’est une autre paire de manche. Dans ce cas, pourquoi les auditeurs applaudissent-ils le courage de « dire tout haut ce que les autres pensent tout bas » quand eux-mêmes n’ont pas le courage de leurs opinions à la télévision ? Où sont-ils donc durant ces émissions, pourquoi ne les voit-on jamais ? Jean-Marc Morandini aurait un public télé ouvert et un public radio réac ? Est-ce qu’avant de se faire le porte-parole de ceux qui « pensent tout bas » il ne serait pas au préalable nécessaire de dire tout haut et à visage découvert ce que l’on pense soi-même ? Ça paraît pourtant logique mais pas pour tout le monde.
Quant à Jean-Marc Morandini, son attitude est pour le moins ambiguë. Car comment expliquer que sur une telle question il ose poser le débat en termes de natalité en Afrique ? Si un chanteur X disait « tous les pédés qui s’enfilent en back room sans préservatif et se refilent le sida les uns aux autres devraient être expulsés de France ou mis en quarantaine », aurait-il ouvert sa libre antenne en demandant si les homosexuels doivent porter des capotes pour se protéger du sida ? Bien sûr que non ! Il aurait mis le doigt sur les propos scandaleux. Or ce sont bien les propos liés à la stérilisation qui expliquent le « Heil Sevran ! » de France Soir. Alors pourquoi faire des débats sur la natalité comme si les ignobles propos étaient normaux et que c’était la surnatalité des Africains qui faisait débat ?
Pascal Sevran reprend donc une logique propre aux fanatiques religieux qui envahissent les hôpitaux pour gêner les avortements ou assassinent des médecins gynécologues aux USA : Il conçoit un lien entre la « relation sexuelle » et le fait de « donner la vie », comme si chaque coup de rein équivalait à un enfant. Pour les fanatiques homophobes, il est scandaleux que des gens baisent entre eux en ayant le même sexe alors qu’ils ne donnent pas naissance à un enfant. Pour Pascal Sevran, il est scandaleux que des gens baisent pour faire des enfants. Il est donc « normal » qu’il mette la surnatalité sur le compte de la bite des Africains.
Or c’est là qu’il fait preuve d’une sottise sans nom : ce n’est pas l’hyperactivité sexuelle des Nigériens - qu’ils stigmatisent dans ses écrits - qui est à l’origine du taux de natalité explosif dans ce pays mais la non-assimilation des moyens de contraception connus à ce jour dans des pays traditionnellement ruraux. Si un couple nigérien veut dix enfants il en aura dix si possible. S’il n’en désirait à l’origine que trois et qu’il n’a pas eu accès aux moyens de contraception c’est une autre histoire. Dans le premier cas, ce qui est en cause c’est le désir de vouloir des enfants en grand nombre sans être sûr de pouvoir les élever dignement. C’est critiquable sur un plan moral mais en rien réductible à une histoire de bite. Dans le deuxième cas, c’est un problème d’accès à l’information. Sous-entendre que ces Africains copulent sans prêter attention aux conséquences de leurs actes c’est les prendre pour des animaux. Car ce sont bien les animaux qui ne distinguent pas « copulation » et « natalité ». Dans les pays pauvres où le taux de mortalité des enfants est énorme, la seule issue pour perpétuer sa descendance est malheureusement de faire le plus d’enfants possible car c’est la chance pour assurer sa descendance. Lorsqu’une femme occidentale désire trois enfants et pas un de plus, elle prend la pilule. Elle ne se dit pas : « je vais me faire stériliser ». On ne lui dit pas non plus de ne plus baiser. On la dirige vers les services sociaux qui la conseilleront sur la pilule contraceptive. Ce sont donc des raisonnements de petits fascistes que de s’adresser à des Africains en stigmatisant leur fort taux de natalité et d’exiger comme régulation normale de cette natalité la stérilisation pure et simple. Le fait même d’employer ce genre de terme dans une optique globale et collective est une notion purement fasciste dans le sens où elle ne peut être que coercitive, donc s’appliquer sans le consentement des gens dont il est question. Pascal Sevran ne propose pas d’éduquer les gens en les informant comme cela est fait en France à travers les services sociaux, il propose des méthodes de fascistes qui ordonne, impose que l’on rende stérile des êtres humains sans leur consentement. Et nous trouvons des petits crétins, irréductibles fascistes en herbe, qui voient là, un bastion de plus qui leur échappe ( « quoi ? On ne peut plus rien dire sur les Nègres non plus ? » ) et qui se mettent en tête de défendre l’indéfendable sous couvert de lutte contre le politiquement correct. Les propos de Pascal Sevran ne sont pas politiquement incorrects, ils sont à vomir. Les programmes de stérilisation de masse ont aussi été le fait des Nazis qui les ont utilisés notamment sur les Afro-Allemands. Sevran aurait parfaitement pu soutenir un avis de manière intelligente en exigeant qu’une campagne d’information sur la contraception soit mise en route, par exemple. Mais non ! Il exige la stérilisation d’êtres humains, partant du principe que les moyens de contraception sont valables pour les civilisés et que pour les autres ce sont bien des mesures radicales qu’il faut employer. C’est le signe d’une conception du rapport à l’autre de type colonial. Point. Il y a « nous » et les « sauvages » à qui l’on applique des mesures que l’on réprouverait pour n’importe lequel d’entre « nous ». Kahm Piankhy
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