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Petit glossaire qui permettra de ne pas se laisser piéger par les mots de certains sophistes.
Déterminisme biologique : Doctrine essentialiste - plus spécifiquement raciale - affirmant que les comportements humains sont directement influencés par la biologie. Il existerait un « inconscient racial » en chaque être qui régulerait à lui seul les aptitudes morales et intellectuelles et ferait que certaines races - par ailleurs, parfaitement homogènes dans le sens où les individus qui les composent partagent tous les mêmes caractères - soient nobles, intelligentes et capables de grandes réalisations pendant que d’autres s’en montreraient incapables. En somme, les compétences ne relèvent plus de l’acquis mais de l’hérédité, de la transmission par le sang, dont les races sont les authentiques déterminants. Ces races sont classées selon une hiérarchie linéaire allant DES inférieures à LA supérieure. Les racistes ont utilisé le déterminisme biologique comme doctrine de domination des races dites inférieures. Pour connaître les qualités et les défauts d’un individu, étudier sa race !
Essentialisation : Raisonnement généralisant qui admet la supériorité absolue de l’essence des êtres sur leur existence ; puis harmonisation des comportements des êtres sur la base de ce qui constitue leur supposée nature réelle. Dire, par exemple, que les Noirs ont le rythme dans la peau ou que, en tant que métis, Yannick Noah a « une ouverture sur le monde que les autres n’ont pas » (commentaire de Yannick Noah) relève de la pure logique essentialiste. Celle-ci présuppose que les caractères des individus d’un groupe racial, ethnique, culturel, biologique etc. sont en réalité des attributs de naissance partagés par tous ceux du même groupe au point où ils constituent des marqueurs génétiques indépassables. L’acquis, donc l’éducation, n’ayant dans ce cas aucun rôle dans le processus de construction des caractères propres aux individus. L’essentialisme a été l’un des moteurs du racisme puisqu’il permettait de condamner les membres des « races inférieures » à rester au rez-de-chaussée de l’échelle humaine en relevant un défaut chez l’un d’entre eux pour ensuite le généraliser à tous pour justifier son expulsion de la classe des vrais hommes.
Inné : qui appartient à l’être dès sa naissance.
Acquis : qui n’existait pas à la naissance de l’être et s’octroie par le biais de l’apprentissage, l’expérience ou de facteurs de situation propres à la société dans laquelle on évolue. On ne naît ni raciste ni antiraciste, ni ouvert sur les autres cultures ni fermer sur elles, on le devient.
Racialisme : Construction idéologique fondée sur l’idée de “race humaine”. Plus précisément : 1. Doctrine selon laquelle la race détermine la culture, en ce sens que les différences entre les races détermineraient les différences entre les aptitudes mentales, les attitudes et les mœurs. 2. Vision de l’histoire ou de l’évolution sociale, se présentant comme une théorie explicative, fondée sur telle ou telle classification des “races humaines” hiérarchiquement rangées sur une échelle de valeur. ( Définition de Pierre-andré Taguieff, glossaire de la page 110 de « Le racisme », éd. Domino-Flammarion )
Le darwinisme ( la théorie de Darwin et de Wallace ) : Le 24 novembre 1859 sort L’origine des espèces du naturaliste anglais Charles Darwin. Ce livre démontre comment la sélection naturelle appliquée au monde végétal et animal transforme les espèces pour les adapter à la nature par le biais de la descendance modifiée. Au cours de ce processus, la nature observe une véritable sélection sur les espèces en ne retenant que les plus aptes à s’adapter et à se reproduire. Pendant que certaines s’éteignent, d’autres espèces survivent, se diversifient et s’imprègnent des aptitudes acquises qui, par le biais de l’hérédité, deviennent innées pour leur descendance. Darwin n’évoque principalement que le règne animal et végétal dans L'origine des espèces. Il faudra attendre 1871 pour que le volet anthropologique arrive avec La filiation de l’homme. Entre 1859 et 1871, 12 années s’écoulent durant lesquelles Darwin corrige les différentes rééditions de son premier ouvrage, tout en préparant le second. C’est dans cet intervalle que vont se glisser deux théories que l’on a souvent prêtées à Darwin lui-même : le « darwinisme social » et l’eugénisme. Lorsque Darwin reçoit le manuscrit de son confrère naturaliste Alfred Wallace sur sa propre version de la théorie de l’évolution, il se rend compte que parallèlement à ses propres recherches, ce dernier avait tiré les mêmes conclusions que lui. Craignant une perte de la paternité de la théorie de l’évolution, il précipite la sortie de L’origine des espèces. C’est ainsi que, même si le nom de Wallace fut totalement zappé de l’histoire, la théorie de l’évolution était introduite lors de sa présentation au monde comme la « théorie de Darwin et de Wallace ».
Alfred Wallace et Charles Darwin Alfred Wallace écrivait : « Cette même loi de la conservation des races favorisées dans la lutte pour l’existence conduit nécessairement à l’extinction de toutes les races inférieures et peu développées sous le rapport intellectuel, avec lesquelles les Européens se trouvent en contact. L’Indien Peau-Rouge, dans l’Amérique septentrionale et au Brésil, le Tasmanien, l’Australien, le Maori dans l’hémisphère austral vont s’éteignant, non par la suite d’une cause spéciale, mais par l’effet inévitable d ’une lutte inégale au double point de vue physique et moral. Sous ces deux rapports, la supériorité de l’Européen est manifeste ; (…) » ( Cité par André Pichot in « La société pure : de Darwin à Hitler », p.96 éd. Flammarion )
Le darwinisme social : Application sociale d’une des thèses de Darwin par le philosophe anglais Herbert Spencer. Ce dernier reprend la théorie de la « sélection naturelle » qu’il rebaptise « théorie des plus aptes » après l’avoir « sociologisée ». De tradition familiale individualiste-libérale, Spencer voit les groupes sociaux comme des organismes qui luttent entre eux pour la survie. Il applique en fait la théorie de la « sélection naturelle » au monde social et promeut la non-intervention de l’État. Pour lui, la survie doit se faire au profit des plus compétents. D’où son refus catégorique de l’intervention de l’État pour aider les plus faibles. En aidant les groupes sociaux défavorisés, l’État ne fait rien d’autre qu’intervenir dans un processus naturel de compétition. Tout ce qui favorise un groupe social faible se fait au détriment d’un autre plus apte à la survie et l’handicape de facto. Les « darwinistes sociaux » racistes appliqueront ces thèses en dépassant les groupes sociaux par l’adjonction des races afin de justifier de la conquête voire l’élimination physique des moins aptes ( nègres, Australiens Aborigènes, Maoris etc.) qui s’opérera notamment lors des périodes coloniales. Herbert Spencer, l'arnarcho-libéral inventeur du darwinisme social La thèse de Darwin va donc produire des dérivés qui se piqueront d’idéologie sous prétexte de science et développeront des théories agressives et conquérantes qui banaliseront ou prôneront l’élimination des sauvages. Dans la « machine à recycler les idées des autres » qu’est Mein kampf, Hitler ne fera que reprendre toutes les thèses racistes qui l’ont précédé. Ironie de l’histoire, nous trouverons, parmi les scientifiques ou sociologues racistes dont il récupère et recycle les idées, des Juifs comme le sociologue Polonais Ludwig Gumplowicz, penseur de la « lutte des races » ( une vision « entièrement fondée sur la lutte, le meurtre, la domination et l’exploitation » selon André Pichot) qui théorisait sereinement sur les races inférieures et le bien-fondé de leur élimination au profit des races vaillantes. En réalité, « du point de vue de la ’’science’’, nous dit André Pichot, en tant qu’Européens blancs, [les biologistes et sociologues juifs] faisaient partie des races supérieures, et ne se sentaient donc pas visés ». Ils ne le seront que lorsque Adolf Hitler reproduira le programme réservé aux Nègres, aux sauvages, aux Australiens et autres débiles mentaux sur eux. André Pichot admet que « de ce fait, on finit par avoir l’impression que ce qui est reproché aux Nazis, c’est moins leur programme de biologie politique […] que de l’avoir étendu aux Juifs pour qui il n’avait pas été initialement prévu. Et que, sans cette extension, personne n’aurait rien trouvé à redire audit programme […] » (O.p Cit. p. 415 et 420) Ludwig Gumplowicz Adolf Hitler est le pur produit du socio-darwinisme, de l'eugénisme et de toutes les "sciences" biologiques, sociologiques et politiques qui se réclamaient de la lutte pour la survie de la seconde moitié du 19ème siècle jusqu'au début du 20ème. Mais si Darwin comprend cette lutte dans le cadre des espèces contre la nature, ses "élèves" la transforment en lutte entre les espèces puis entre les races au nom de la domination. * Une rue de Paris et des collèges dans toute la France portent le nom de la philosophe féministe et scientifique Clémence Royer ( 1830-1902 ). Traductrice de la version française de L’origine des espèces, elle est surtout l’ auteur de la préface au vitriol de l'édition française du livre de Darwin. Cette préface cautionne de fait le racisme et la conquête de l’homme blanc sur le reste du monde au nom de la race. Clémence Royer commet ici le délit d'utiliser la Sélection naturellle pour valider ses théories de dominations raciales en en faisant une lecture purement subjective : « Rien n’est plus évident que les inégalités des diverses races humaines; rien encore de mieux marqué que ces inégalités entre les divers individus de la même race. Les données de la théorie de la sélection naturelle ne peuvent plus nous laisser douter que les races supérieures ne se soient produites progressivement ; et que, par conséquent, en vertu de la loi du progrès, elles ne soient destinées à supplanter les races inférieures en progressant encore, et non à se mélanger et à se confondre avec elles au risque de s’absorber en elles par des croisements qui feraient baisser le niveau moyen de l’espèce. En un mot, les races humaines ne sont pas des espèces distinctes, mais ce sont des variétés bien tranchées et fort inégales ; et il faudrait y réfléchir à deux fois avant de proclamer l’égalité politique et civile chez un peuple composé d’une minorité d’Indo-Européens et d’une majorité de Mongols ou de Nègres »
Clémence Royer
Caucasien : A l’origine, habitant du Caucase, région située entre la Russie, l’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan. De nos jours, les Américains ont repris ce terme dans le langage administratif pour désigner les Blancs d’origine européenne. Pour les xénophobes russes, « Caucasien » est un terme très méprisant qui désigne les Tchétchènes, les Géorgiens, les (Turcs) Azéris, autrement appelés les « noirs » ou « noirauds », voire les « animaux », car ayant un type physique « brun » par opposition à eux, les « grands blonds aux yeux bleus ». C’est le naturaliste allemand Johann Blumenbach (1752-1840), créateur de l’anthropologie physique, qui classe le genre humain en une seule et unique espèce de cinq variétés : les variétés mongole, nègre, malaise, américaine et caucasienne. Sa hiérarchie des variétés place la variété caucasienne tout en haut et considère toutes les autres comme n’étant que des dégénérescences de celle qui est la plus belle de toutes à ses yeux. Les Américains lui ont donc emprunté le terme de « Caucasian » en référence à cette classification. Voici ce que le naturaliste allemand explique à son sujet : « La régularité des traits de ce visage qui est celui des peuples d’Europe, le fait en général regarder comme le plus beau et le plus agréable. Cette race comprend tous les Européens, à l’exception des Finnois et des Lapons […] J’ai donné à cette variété le nom du mont Caucase, parce que c’est dans son voisinage que se trouve la plus belle race d’homme, la Géorgienne, et que s’il est possible d’assigner un berceau au genre humain, toutes les raisons physiologiques concourent à le placer dans cette endroit » ( « De l’unité du genre humain et de ses variétés » ) Johann Blumenbach
Mongoloïde : Caractéristiques physiques de la race mongole dont sont porteurs une grande partie des peuples asiatiques dits xanthodermes ( peau jaune ) s’exprimant à travers les yeux bridés, les pommettes saillantes, le nez petit et aplati, le cou court etc. Un Mongoloïde
Mongolisme : Maladie chromosomique appelée aussi « trisomie 21 » ou « syndrome de Down ». Les caractéristiques physiques des trisomiques sont notamment les yeux bridés, le visage arrondi, le nez petit et plat sur la partie supérieure. En 1866, le médecin britannique John Langdon Down, donne le nom de « mongoliens » aux arriérés mentaux atteints de cette maladie chromosomique en raison de leur ressemblance physique avec les Asiatiques. Un trisomique dit aussi "mongolien"
Race :
1- extraction, lignée, lignage ; ce qui se dit tant des ascendants que des descendants d’une même famille ; quand elle est noble, ce mot est synonyme à naissance. 2 - se dit des espèces particulières de quelques animaux, et surtout des chevaux. ( tirée de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1740 )
On voit ici que le terme "race" avait encore à cette date plusieurs sens purement animalièrs et liés à la généalogie, même si le racisme en tant que concept existait déjà. En somme, la "race" n'a pas inventé le racisme comme le croient certains sophistes. Ce serait plutôt le racisme qui a repris un mot pré-existant afin de subdiviser le genre humain en groupes homogènes du point de vue biologique auquels l'on donne le nom de "race". Eugénisme : Théorie proposée par Francis Galton - qui n’est autre que le cousin de Darwin. Lui aussi s’inspire de la théorie de la « sélection naturelle » pour promouvoir la « sélection objective et artificielle ». Il rêve de remplacer la sélection naturelle par un tri artificiel et sélectif des meilleurs éléments de la civilisation afin que les médiocres et les moins aptes ne permettent guère une dégénérescence de la société et de la race : les plus sains et les plus intelligents au détriment des plus stupides et plus médiocres Francis Galton, inventeur de l'eugénisme « Eugénique n. f. ou Eugénisme n. m. (du grec eu, bien et gennân, engendrer.) Biol. Science nouvelle qui a pour but l'étude théorique et pratique de tous les moyens capables de protéger, d'accroître et de perfectionner les éléments les plus robustes et les mieux doués des races humaines et plus spécialement de la race blanche (Galton). ENCYCL. A la suite de nombreuses recherches sur l'hérédité familiale, F.Galton reconnut le danger que la libre multiplication des individus tarés faisait courir à la race blanche, qu'elle menaçait d'une véritable déchéance. Dans les pays anglo-saxons et germaniques, beaucoup moins dans les pays latins, ce danger fut reconnu par un certain nombre de savants, qui en juillet 1912, se réunirent à Londres en congrès pour fixer le programme et les moyens d'action de la nouvelle science eugénique. Dans cette science, il y a à considérer la théorie et la pratique. Le fait certain est que, dans tous les pays civilisés, des efforts énormes sont dépensés pour maintenir l'existence des individus les plus profondément tarés : Alcooliques, tuberculeux, syphilitiques, névropathes, épileptiques, fous et criminels, dont la descendance est elle-même presque toujours atteinte, de telle sorte que le nombre des sujets incapables de remplir convenablement leur tâche familiale et sociale ne fait que croître, ainsi qu'en témoigne la diminution progressive du nombre d'hommes reconnus propres au service militaire actif. Ce fait est la conséquence de la loi de Delbeuf, qui a établi que tout caractère nouveau - et la tare héréditaire en est un - tend à se retrouver chez un nombre croissant d'individus ; il est aussi la conséquence de la loi de Galton, qui veut que s'établisse toujours une moyenne entre les bons et les mauvais, moyenne qui baisse d'autant plus que les bons deviennent moins nombreux. Par suite, la sauvegarde apportée des éléments inférieurs nuit aux éléments supérieurs, c'est à dire de l'élite, qui, seule, par ses qualités et son nombre, fait la force et la grandeur des nations. […] Pour parer à ce danger, deux moyens sont à notre disposition : d'une part éliminer les indésirables ; de l'autre conserver et perfectionner les éléments sains et robustes »
Le Grand Bal des Quarteronnes : Bal ayant lieu à la Nouvelle-Orléans du temps de l’esclavage où les métisses (quarteronnes, octavonnes, mulâtresses) étaient présentées à des riches hommes blancs qui les « entretenaient ». Refusant le mariage, ces hommes venaient chercher le plaisir de chair auprès de concubines bien élevées et qui, depuis leur plus jeune âge, étaient conditionnées pour tirer le « gros lot » blanc. Placées dans des maisonnettes isolées, les concubines métisses attendaient chaque soir leurs amants qui vivaient ainsi une double vie. Mélanoderme : adjectif et nom - Se dit de quelqu'un dont la peau est noire et qui présente la plupart des caractères des Noirs. (Larousse)
Du grec melas signifiant "noir" et de derme signifiant "peau", ce terme désigne par conséquent les individus à peau noire. Les Populations noires des îles pacifiques sont ainsi appelés "mélanésiens" : mélas + nêsos = noir + île. Par conséquent : île habitée par des Noirs Ce mot "mélanoderme" est utilisé depuis des décennies en tant que synonyme du terme "noir" et sert donc à désigner une population sur la base de son phénotype. Cependant, quelques ignorants dont la culture s'arrête à ce qu'ils lisent sur la Toile, lui donnent une origine "kémite" et sous-entendent par-là qu'ils en sont les inventeur tout comme le terme "leucoderme" (Leuco vient du grec Leukos et signifie "blanc"). Ce dernier terme est utilisé par Cheikh Anta Diop sur la même base étymologique que mélanoderme depuis des décennies.
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