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Les articles de Kahm Piankhy : Pourquoi Calixthe Beyala n'est pas ma tasse de thé
Posté par Piankhy le 22/07/2006 07:10:00 (5076 lectures)

Ce texte est en réaction à un article récent du Point - vous savez ce magazine qui va suivre des délinquants, en recherchant bien entendu des Noirs de préférence, pour ensuite venir démontrer que les délinquants nègres sont violents et qu’ils participent d’un plan de communautarisation de plus en plus visible des Noirs - qui prétendait que les raisons de la discorde entre Beyala et les « afrocentristes » (sic), et autres « noiristes » ( re sic ), venaient du fait qu’elle était mariée avec un Blanc et qu’elle était, elle, pour l’intégration, contrairement aux autres. 
 


Il y a une propension assez fascinante chez les plumitifs pédants que compte la presse à vouloir expliquer aux Français ( comprenez, les seuls vrais, les Blancs ) comment fonctionne la « jungle noire ». On y a droit à chaque sortie de dossiers spéciaux sur « les Noirs de France » : comment raisonnent les Noirs, comment ils causent, quels sont leurs codes, leur langage secret etc.
Il existe même des spécialistes « des Noirs » que l’on invite pour parler d’eux comme s’il s’agissait de babouins, ou quelque chose s’en approchant. Ce sont les Marie-Claude Bomsel (1) des Noirs, en somme.  

Plus sérieusement, cet article n’est animé que par la méconnaissance totale de la « question noire » mais surtout par la paresse  intellectuelle inhérente à toutes ces élites bobos et ultra-républicaines qui veulent élire les bons Noirs selon leur convenance mais sans faire l’effort de s’intéresser réellement aux débats intellectuels en cours pour mieux les comprendre.  

Calixthe Beyala a été la première, dès les années 90, à coloniser les plateaux de télévision pour se justifier de sa préférence pour les Blancs, par rejet du nègre africain qui est sauvage, misogyne, brutal etc. Cela s’est passé dans une émission « spécial couples mixtes » dont il faudrait retrouver les bandes  pour se rendre compte de la violence de la charge devant une Mireille Dumas médusée au point de lui demander si elle n’en faisait pas un peu trop sur les Africains.  

Quelle est donc cette idée de considérer que les Noirs ne peuvent pas avoir des débats - même polémiques - comme il en existe partout ailleurs sans que des routards fantaisistes s’évertuent à croire qu’ils ont leur fraise à ramener pour distribuer des satisfecit à tout bout de champ sur des sujets dont ils ne comprennent décidément rien ? Qu’est-ce que Sophie Coignard connaît des débats sur ces questions pour se permettre de les caricaturer en des termes aussi réducteurs ? La médiocrité serait le propre des Noirs au point où lorsqu’un débat de fond s’engage, la Bienveillance se presse de faire des clans de « bons petits noirs » et de « méchants noirs » pour diaboliser ceux qui ne pensent pas comme il faut ?  

Je reviens très très rapidement sur cette duperie de la « quête du désir non-assumé »   que d’aucuns se plaisent à transformer en « morale à centration racialisante » pour mieux refouler le réel et lui substituer un mythe plus apte à flatter l’ego. Très rapidement, car j’en ai déjà parlé longuement dans la partie 2 de mon article sur Frantz Fanon et que c’est un des « gros » thèmes de mon essai.

Mais il faut le dire clairement : si Calixthe Beyala n’a que des amants blancs, elle doit assumer le fait qu’elle les a pour des raisons purement liées à des choix préférentiels amoureux bien orientés et pas parce qu'elle est tolérante ou ouverte. Une fois qu’elle aura assumé comme une grande ses inclinations purement égoïstes - comme elles le sont déjà universellement -, elle comprendra le ridicule de vouloir vendre ces choix amoureux comme autant de « symboles » relevant d'une haute moralité.

Il faut rappeler que c’est bien C. Beyala qui est l’auteur d’une phrase intelligente comme : « (…) dans un futur plus ou moins lointain, dans un couple  mixte, tous les êtres humains seront des métis, que l'on le veuille ou pas, et peut-être grâce à ces gens-là trouverons-nous des solutions aux haines, au rejet de l'autre ».

Il est remarquable que cette douce niaiserie, que l’on croirait sortie du cerveau d’une pré-adolescente de 10 ans, s’est vérifiée durant l’esclavage dans les colonies françaises : les mulâtres, ces métis de Blancs et d’esclaves noires, qui matraquaient et réprimaient  les Noirs au moindre ordre des colons blancs et se faisaient simultanément  les opposants des valeurs républicaines qui ne leur permettaient plus de poursuivre la saignée des esclaves noirs dont ils étaient propriétaires, étaient la preuve du refus du rejet de l’autre et des haines. N’est-ce pas ? 

Les aptitudes tout comme les inaptitudes sont liés à des facteurs de situation  : elles s’acquièrent ou ne s’acquièrent pas mais ce dont on est sûr c’est que l’hérédité biologique n’y joue aucun rôle déterminant et que ce n’est pas la race et le sang qui bâtissent leurs charpentes mais bien l’éducation face à laquelle blancs, noirs, indiens, kalmouks et "métis" partent à égalité. Il est malheureux de voir d’aucuns se croire supérieurs à d'autres et de légitimer des discours farfelus au nom de l’assentiment que leur ont reconnu des pousse-au-crime paternalistes dits de gauche qui ne font que les utiliser pour leurs intérêts propres. Consternant !


Cette naturalisation des choix amoureux ( « puisque mon mari est blanc, donc j’affirme que je suis pour le métissage des races » ) est d’une sottise qui ne résiste à aucune démonstration. En quoi cette naturalisation est-elle inepte et hypocrite ?
Il suffit juste de poser cette équation : si la forme que prend les choix amoureux de Calixthe Beyala est « métissage », comment appeler, dans la même dialectique, la forme des choix amoureux de Jacques Chirac ou de n’importe quel Blanc amoureux d’une Blanche ? Est-ce que Jacques Chirac protège une race, un acquis biologique en épousant Bernadette, par opposition à tous ces nouveaux « brasseurs de race » ? Et en quoi son couple est-il moins sincère ? Est-ce que les millions de Français blancs  mariés à des Françaises blanches peuvent être réduits à des « Blancs qui pérennisent l’originalité de la race blanche » ? Idem pour les Noirs mariés à des Noirs ? Bien sûr que non car l’on entrerait ici dans les abysses de la stupidité raciologique.


Et les questions qui viennent naturellement sont :

Pourquoi accepte-t-on la naturalisation du premier couple en le réduisant entièrement à sa « dimension raciale » alors que cette même naturalisation serait un scandale pour les autres ?
Et depuis quand choisit-on ses conquêtes pour changer le monde ou le colorer alors que ce choix représente avant tout la survalorisation de ses propres attraits qui tiennent lieu de rapport dans la conquête de l’autre ?
En quoi ce qui serait universel et valable pour les uns échapperait-il aux autres ? De qui se moque-t-on ?

En clair, on désire l’autre pour soi et rien d’autre. Les balivernes à dimension humanitaro-morale où l’on évoque, pêle-mêle, la « paix dans le monde », l’ « amélioration des rapports entre les races » ou, pire encore, la « richesse culturelle » sont des arguties d’ambitieux escrocs à la petite semaine ne cherchant qu’à attirer l’attention de ceux qu’ils rêvent de voir s’intéresser à eux. Tout ce que désirent ces roublards plein de faux principes c’est leur petite place dans l’aristocratie de la bien-pensance. Le métissage-alibi n’est que l’instrument permettant de refouler leurs obsessions névrotiques par le biais d’un symbole qui se conjugue avec la « tolérance », le partage, la richesse culturelle et l’ouverture à autrui. Le métissage a cela de bien qu'une fois qu'il a été instrumentalisé, il permet à des gens de peu de contenance de pérorer sur les « races » - alors que le même genre d’obnubilation révulse l’opinion -, sur la « tolérance » etc. en méprisant absolument la rigueur intellectuelle la plus élémentaire. Le partisan du métissage peut tenir les raisonnements essentialistes les plus contraires au bon sens ou biologiser le champ d’intellection sociale de manière effroyable uniquement afin d’avoir son opposition blanc/noir dont il a besoin pour se mettre en scène.  Mais il sait par avance qu’il n’a rien à craindre car personne n’osera s’opposer à ses aberrations de peur d’être catalogué « contre le métissage ». Et c’est là-dessus qu’il jouera : la raison s’écrase devant l’affectif. L’aristocratie, vous dit-on !  Si ce n’était aussi pathétique, on en rirait presque.  

C. Beyala préfère donc les Blancs comme d’autres préfèrent les Noirs, les typés, les Asiatiques. En clair, il n’y a absolument rien de morale ici ni de « tolérant ». Rien que de la consommation du désir. Chercher à intellectualiser ou moraliser cette banale et triviale réalité est le drame de notre époque.   Mais les Noirs et les Noires, parmi lesquels se trouvent les plus grands aliénés de la terre, préfèrent souvent faire appel au métissage constitué en valeur morale plutôt que de reconnaître leur attirance, surtout quand elle se situe par rapport aux Blancs : le fanstame honteux pour certains d'entre eux. D'où la propension  de tout faire pour orienter la causalité de leurs choix vers des valeurs altruistes. Le métissage, une valeur morale ? Ce n’est que l’action des différentes compénétrations ethno-tribalo-culturelles telles que le monde en a connu depuis qu’il est monde. Qu’est-ce que la morale vient faire dans ce bazar ?  

Pourquoi Calixthe Beyala ne nous donne-t-elle pas son avis sur la question des rapports hommes-femmes qui provoquent son aigreur, et qui serait plus intéressant à analyser ? Pourquoi, au lieu de vomir sur  les Noirs, ne nous dit-elle pas ce qui cloche en faisant une vraie analyse sociologique de la manière dont CERTAINS noirs peuvent être amenés à traiter les femmes noires ? 

La raison est que Calixthe Beyala, tout comme une autre journaliste camerouno-lepeniste connue, est dans une stratégie de rupture. C’est à dire qu’à aucun moment son désir n’est d’expliquer et d’étayer pour guérir le mal. Non. Elle veut éructer son poison pour justifier sa propre petitesse et essayer ainsi de la rationaliser aux yeux des autres : «  voilà pourquoi je n’aime pas ces gens » et de s’entendre dire «  ah oui, vous avez raison à ce niveau » par les mêmes hypocrites qui, si l'auteur de ces propos avait été blanc et de droite, aurait organisé un concert de charité pour les victimes du racisme en demandant l'intervention du président de la République. Et encore... on aurait trouvé des gens pour dire que ce qui est reproché au fautif est d'être blanc.
 
Voilà la grande différence. C’est là où la position de gens comme Calixthe Beyala ne résiste pas à la logique rationnelle.  Les Noirs sont comme tous les autres : ils acceptent la critique mais ne permettent pas qu’on leur crache à la gueule juste pour cautionner ses choix.   

Les gens vraiment « conscients » dénoncent les maux qui pourrissent le contrat social et leur rapport avec les autres afro-descendants afin d’ y remédier, permettre le débat, l’échange, la compréhension et trouver des réponses adaptées à ces problématiques. Ils cherchent avant tout à détruire les stéréotypes dans le sens où, leur image leur appartenant,  c'est à eux de la modifier d'abord pour eux car il n'y a rien de pire qu'une entité groupale qui a une mauvaise image d'elle-même.

Les instrumentalisations idéologisées du métissage sont le fait d'obsédés de la « conquête de l'Autre » qui n'assument pas d'être des gens éprouvant bêtement du désir, car cela en fait des gens normaux. Or ceci n'est pas très gratifiant pour leur ego. Le must est de travestir leurs sentiments afin de capitaliser sur le pathos que constituent les questions à dimension raciale : être le mari d'une Africaine qui rêve du Blanc mythique c'est quand même moins classe que d'être un couple qui est l'avant-garde du monde métissé qui se profile.

Cela donne surtout des situations assez burlesques : Calixthe Beyala, qui abhorre les Africains,  vante dans le même élan de son mépris pour eux, le métissage. D'une certaine manière, ces valeurs sous-tendent  que des Blancs et des Blanches consomment ce qu'elle se tue à présenter comme non-désirable. Mais si ces Africains ont tous les défauts, pourquoi ce qu'elle rejette, elle, serait tout d'un coup consommable pour les autres au nom du métissage ? Elle évoque la cessation du rejet de l'Autre  ? Mais ce n'est pas ce qu'elle incarne elle-même avec ses propos ? Et pourquoi ce qu'elle professe serait-il valable pour tout le monde sauf pour elle ? Pourquoi aurait-elle le droit de stigmatiser une catégorie de gens et que ce droit serait refusé aux autres ?  

Les auto-phobes démissionnaires qui méprisent le Noir et qui ne sont que des victimes d’une « imposition culturelle » ( cf. Fanon ) qui les dévore au point de déterminer à leur place la couleur du bonhomme ou de la bonne femme qui doit aller dans leur lit, eux, ne sont absolument pas dans cette optique de disloquation des stéréotypes qui les écrasent. Ils désirent fuirent leur vêtement noir, mais sans l'avouer aux yeux du monde.

Calixthe Beyala se met elle-même dans une logique de rupture et on s’étonne qu’elle se fasse torpiller ?  Tant pis pour elle. Et le fait que son mari soit blanc ne fait de l’effet que chez les cerveaux étriqués de quelques « papa boina ». Depuis quand les idées des individus sont respectables au motif que leur mari est blanc ?

 

  © Kahm Piankhy - Texte libre d'utilisation, conditionné par la citation de la source - juillet 2006


Source : www.Piankhy.com



1° Marie-Claude Bomsel  est docteur vétérinaire à la ménagerie du Jardin des plantes et professeur au Muséum national d’histoire naturelle et a tenu des rubriques dans  plusieurs émissions où elle venait parler des comportements, de la vie ou de la sexualité des animaux.

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Auteur Conversation
Anonyme
Posté le: 23/07/2006 01:29  Mis à jour: 23/07/2006 05:16
 Re: Pourquoi Calixthe Beyala n'est pas ma tasse de thé
j'avoue qu'elle me fait honte quand elle passe à la télé pourtant elle était sympa au début, le pire c'est qu'entre deux conneries il lui arrive de sortir un truc intelligeant , à l'instar de kelman qu'elle traite de bounty, je ne la supporte pas, et j'ai l'impression qu'elle utilise des produits éclaircissants car elle devient bizarrement de plus en plus claire non? et ces perruques de plus en plus blondes.Ton article est super et je partage ton point de vue
Anonyme
Posté le: 20/09/2008 18:08  Mis à jour: 20/09/2008 19:04
 Re: Pourquoi Calixthe Beyala n'est pas ma tasse de thé
Je parcourt ton site au fur et à mesure de mon temps libre et je dois dire que tu me suprends et m'amuse beaucoup à la fois. Evidemment je suis entièrement d'accord avec toi! le racisme se cache (pas obligatoirement) très facilement dans les couple-mixtes. On connait tous ces "meufs-à-kinf" comme on les appelle, ces filles "blanches" qui disent trouver les "blancs" moches et cons et préférer les "noirs" et déduisent de ça leur anti-racisme et leur humanisme...(sic) Idem pour les hommes... Mon frère est marié à une marocaine (française maintenant) et cela ne l'empêche pas de continuer à avoir une vision des marocains très limite parfois, quand à ma belle-soeur, elle ne se mélange aux français que lorsqu'elle va dans la famille, sinon les seules personnes qu'elle accepte dans son univers son des marocains et surtout ceux de sa région (les autres ont toujours des défaults)! Le mariage mixte source d'ouverture est un leurre officiel.
De plus les généticiens l'affirment: on aura beau se mêlanger dans tous les sens les traits carctéristiques de chaque ethnies existeront toujours. Après tout, les historiens européens (et afiliés) oublient de nous dire que le monde est, depuis l'apparition des humains, qu'un long et massif mariage mixte, rien ne change pour autant.
Je me méfie toujours de ceux qui mélangent leurs histoires de cul et de confort (l'amour...) à des théories racialistes.
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