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« L’on nous dira, oubliant en cela notre but, que nous aurions pu porter notre attention ailleurs, qu’il existe des Blancs n’entrant pas dans notre description. Nous répondrons à ces objecteurs que nous faisons ici le procès des mystifiés et des mystificateurs, des aliénés, et que, s’il existe des Blancs à se comporter sainement en face d’un Noir, c'est justement le cas que nous n’avons pas à retenir. Ce n’est pas parce que le foie de mon malade fonctionne bien que je dirai : les reins sont sains. Le foie étant reconnu normal, je l’abandonne à sa normalité, qui est normale, et je me tourne vers les reins ; en l’occurrence, les reins sont malades. Ce qui veut qu’à côté de gens normaux qui se comportent sainement selon une psychologie humaine, il en est à se comporter pathologiquement selon une psychologie inhumaine. Et il se trouve que l’existence de ce genre d’hommes a déterminé un certain nombre de réalité à la liquidation desquelles nous voulons contribuer ici » Frantz Fanon
Ce majestueux passage de Peau noire, masques blancs du psychiatre Frantz Fanon est une parfaite introduction pour cet article qui va poursuivre l’analyse des diverses tentatives de manipulation de la « distance raciale ». Piankhy.com est un site militant et, pour en pénétrer le sens, il faut bien entendu avoir un minimum de conscience politique et sociale. Seulement, contrairement à ce que l’on croit, cette conscience ne court pas les rues. Du coup, les rejetons de l’antiracisme-spectacle sont effrayés par des analyses qui dépassent leur entendement conformiste et « petit-bourgeois ». Le pire, c’est qu’ils tentent, avec un incroyable zèle, de faire passer leurs positions normatives pour des positions révolutionnaires et anti-systèmes alors qu’au fond elles sont conformes à cette bien-pensance à laquelle ils prostituent leur dignité depuis des années. Tous les slogans évoluant dans la proximité thématique du « black-blanc-beur » sont pensés par les Institutionnels, puis transmis aux « locataires » veules des échelons du bas. Ces derniers sont ensuite chargés de les faire adopter en les faisant passer pour des thèmes endogènes, qui sont pensés et conçus par des gens « conscients » de leur réalité et directement concernés par le sujet alors que tout cela est faux. En réalité, ce qui nous intéressera dans la question du racisme se situe au niveau des répercussions multiples et variées sur le plan humain (complexe et aliénation) ou socio-économiques. Nous savons que les exclus deviennent de facto une catégorie marginalisée, sous-employée et exploitable dans l’imaginaire collectif – beaucoup d’antiracistes autoproclamés considèrent d’ailleurs comme une vérité admise le fait que les Noirs se sentent inférieurs à eux. Il est donc logique, à partir de ce constat, de chercher une mise en pratique adéquate des moyens propres à comprendre, maîtriser, soulager voire soigner les maux du racisme dans sa globalité. En clair, dénoncer le racisme c’est dénoncer toutes les répercussions de celui-ci sur les plans psychologique et socio-économique. S’attarder sur la multiracialité de la France en « noir et blanc » ou en « black-blanc-beur » n’est que de la métaphysique masturbatoire dans le sens où ce discours s’arrête sur un épiphénomène dont la critique ne remet de toute façon pas en cause les éléments constitutifs du racisme en lui-même. Ce discours est, pour ces raisons, devenu le refuge des pleurnicheuses professionnelles qui viennent y geindre leurs lamentations face au refus familial d’accepter la différence de leur amour. Ainsi, ceux qui mettent sans cesse en avant la « distance raciale » sont très souvent ceux qui parlent le moins d’antiracisme. On a en effet très souvent tendance à faire passer leur « discours d’essence raciale » pour un discours antiraciste. Or ces propos d’essence raciale sont creux, intellectuellement indigestes, fondamentalement essentialistes : ils ne raisonnent pas plus loin que "blanc", "noir", "métis" ou "couple mixte" en présentant chacune de ces abstractions comme ayant une nature propre à leur spécificité. Ainsi, tout ce qu’ils pensent est expliqué par leur essence, de même que leur essence motiverait chacun de leur comportement, chacune de leur pensée. Il faut absolument appréhender cet aspect de la chose pour comprendre dans quel bazar conceptuel ces donneurs de leçons vont piocher leurs élucubrations racialisantes qu’ils étiquettent pourtant comme « antiracistes ». Ce qui fait de vous un antiraciste ce sont les moyens que vous vous donnez pour lutter contre le racisme et ses corollaires, ce n’est pas la couleur de votre amour. Cela s’appelle tout simplement de la confusion. Confusion qui est le lit de la manipulation sur laquelle prospèrent les habituels losers qui s’approprient indûment une matière (l’antiracisme) leur permettant de transformer des « choix de vie préférentiels » en « attitude désintéressée uniquement mue par la différence ». C’est la « distance raciale » qui rend cette confusion possible puisqu’on a toujours prétendu qu’elle était morale. Du coup, n’importe quel péquin vivant un amour avec une personne d’une teinte différente de la sienne se pique de revendiquer la tolérance, l’ouverture, la morale, l’antiracisme et le métissage (je n’ai rien oublié ?) comme étant des données inhérentes à la différence. Il y a là une confusion totale entre « consommation du désir » et « respect ». Ils ne comprennent toujours pas que l’on peut désirer quelqu’un égoïstement, uniquement pour son propre bien sans pour autant témoigner d’une quelconque considération pour elle ou la condition de ses semblables. À partir de là, toute norme fantasmatique que l’on tente de tirer est vaine. Mais allez donc expliquer cela à des hurluberlus à l’ego hypertrophié à qui l’on a expliqué le contraire pendant des années : ces dogmatiques ont bâti toute leur reconnaissance sociale sur cette seule base et leurs croyances ne souffrent aucune contestation possible ! Il s’agit donc de placer l’analyse du racisme et de ses corollaires dans leur contexte propre : aliénation, complexe d’infériorité, mépris ou haine de soi et de ses semblables appartiennent tous à la liste descriptive des modalités d’expression du racisme dans le monde afro tel que nous le vivons aujourd’hui. Que cela plaise ou non, c’est un fait patent. Toute personne qui prétend dénoncer le racisme en éludant volontairement ses effets corrélatifs n’est qu’une pure manipulatrice. En prenant en compte tout cela, on comprend parfaitement comment peut émerger un conflit d’intérêts entre, d’une part, ceux qui dénoncent le racisme et ses effets corrélatifs au quotidien et, d’autres part, ceux dont la seule préoccupation est d’exploiter à leurs fins la détresse et la précarité consécutives à l’exclusion, au racisme et à la discrimination. Ainsi, lors de mon dernier article intitulé « du métissage et de la mixité raciale comme alibis » , j’ai ciblé mon propos sur un point bien précis de l’instrumentalisation de la « distance raciale » et le titre de cet article, pour toute personne qui sait lire, en disait assez sur l’objectif qu’il s’était fixé. Mais comme c’est très souvent le cas avec les antiracistes en carton-pâte, dès que le débat dépasse le stade où des gens s’évertuent à se prévaloir d’une conscience antiraciste sur la base de la couleur d’un proche, les rejetons de l’antiracisme-spectacle sont à la masse. Et là, ça devient très intéressant car lorsque le racisme et ses divers corollaires sont dénoncés, on voit clairement et sans fard la vraie nature des gens et, en particulier, celle des faux-antiracistes qui tentent absolument d’en détourner la légitimité et le sens dans un but polémique. Par exemple, j’ai eu droit à ce commentaire sur mon site en réaction à l’article « du métissage et de la mixité raciale comme alibis » : « Pour finir, tu sais, il existe des gens de races différentes qui font des enfants par amour, si si je te jure ! Ils auraient peut-être droit à une présomption d’innocence, non ? » Nous avons là un exemple parfait de manipulation par l’affectif : pour proscrire un débat qui met en lumière une escroquerie rhétorique qui constitue leur fond de commerce, certains se retrouvent obligés de « naturaliser » le contenu narratif de celui-ci pour pouvoir ensuite le disqualifier…au nom des généralités qu’il fait. En somme, ce propos présuppose que je cherchais à démontrer que les tous les Noirs qui épousent des Blancs le font par calcul alors que mon propos était d’analyser le cas de ceux qui étaient effectivement dans cet esprit et transposaient leurs désirs non-assumés sur des concepts-alibis foireux (métissage en tête). Ces concepts-alibis leur servent constamment de « motifs fabriqués » pour mieux faire accepter socialement l’accomplissement d’aspirations subjectives dont ils ne veulent pas admettre qu’elles n’ont rien de morales. Un exemple tout simple pour illustrer ce dont je parle : J’analyse par exemple le phénomène du KKK et l’on me répond que tous les Blancs ne sont pas au KKK et qu’il y a des Blancs qui sont antiracistes. Conclusion déductive : pour pouvoir critiquer le KKK, il aurait fallu que tous les Blancs y adhèrent. Mais vu que ce n’est guère le cas, la critique est donc infondée. En forçant le trait sur « Blanc », on naturalise la critique de départ et l’on force ainsi l’opinion à admettre l’idée-fausse qu’un membre du KKK, qui est contesté sur la base de ses idées nauséabondes, l’est en réalité du seul fait qu’il soit blanc. De cette manière, sa couleur prend le pas sur sa conscience alors que c’est cette dernière qui a motivé la critique de départ. Et puisque la couleur – donc l’essence – domine la conscience, toute contestation d’une opinion émise : par Dieudonné est de facto anti-métisse ; par Lilian Thuram est de facto négrophobe ; par Djamel Debbouze est de facto arabophobe ; par Alain Finkielkraut est de facto antisémite etc. C’est le contenant qui détermine la conscience d’un individu, pas le contenu. Voilà la logique essentialiste dans toute son horreur et toute sa démagogie.
Si vous avez compris l’esprit de cet exemple que je viens de citer, vous comprendrez aussi le sens de la phrase : « tu sais, il existe des gens de races différentes qui font des enfants par amour, si si je te jure ! Ils auraient peut-être droit à une présomption d’innocence, non ? » Pour les essentialistes, un Noir n’est substantiellement rien d’autre qu’un Noir, un Blanc substantiellement rien d’autre qu’un Blanc et un « couple mixte » substantiellement rien d’autre qu’un « couple mixte ». Aussi, l’idée qu’ils puissent être critiqués pour autre chose que leur nature est inconcevable pour certains puisque dans leur esprit c’est cette nature qui les personnifie. À partir de ce constat, on peut parfaitement expliquer comment, lorsque des gens aux idées parfaitement critiquables sont contestés par des arguments pertinents, ceux-ci s’empressent de chercher à tromper l’opinion sur les réelles intentions de telle appréciation qui les vise et se font passer pour les victimes d’une intolérance motivée exclusivement par leur mixité raciale. Comment ose-t-on critiquer des bourriques, bêtes comme leurs pieds, lorsque ces bourriques sont blacks mariés à des Blancs, blancs mariés à des Beurs ou beurs mariés à des Noirs ? Des comptes à rendre à ceux qui croient être les représentants des « couples mixtes » lorsque l’on dénonce des impostures de ce type ? Pour qui se prennent-ils ceux-là ? Absolument pas ! Pas plus qu’il n’y en aurait à rendre aux « Blancs » lorsque l’on dénonce le racisme : ces dénonciations sont légitimes. POINT ! et au diable le reste ! La réalité du racisme n'a pas à être masquée au motif qu'elle contrecarrerait les plans d'on ne sait quel escroc à la petite semaine. Les individus étant responsables de leurs actes et de leurs idées, ce n’est pas à leur « race » ou leur essence d’endosser la responsabilité de leur abyssale bêtise et de leur bassesse. Toujours est-il que la posture victimaire de « couples mixtes » au regard d’une critique d’opinion est non seulement intenable mais démontre l’arrogance et le sentiment d’intouchabilité qu’a cette engeance qui manipule les symboles raciaux à des fins idéologiques en jouant aussi bien sur la corde sensible des « rapports raciaux » et de leur prétendue valeur de « symboles ». Ces dogmatiques ne conçoivent la discussion qu’en termes de « tolérance » ou « d’ouverture », dont ils sont, il va de soi, les seuls garants. Allez donc jeter un coup d’œil sur leurs différents forums, dans la rubrique « j’ai tellement pris le melon que je ne passe plus les portes » (Comment ça vous ne la trouvez pas ? Il y a forcément une rubrique allouée au contentement de soi-même sur ce genre de sites, cherchez bien) pour constater l’inexistence totale de toute forme d’argumentation contradictoire argumentée. Mais le pire dans tout cela est sans aucun doute cette écœurante « culture de l’indistinction » érigée en absolu qui présume que leur point de vue « représente » celui de tout un ensemble nommé « couple mixte », ne laissant ainsi d’autre choix que d’essentialiser ces opinions. Il ne faut surtout pas tomber dans le piège et consentir à percevoir l’abyssale démagogie de leur propos comme incarnant une essence ou représentant le point de vue des « couples mixtes ». Les opinions des gens n’incarnent pas une essence, une nature profonde ancrée en chaque individualité appartenant à telle ou telle catégorie. La vérité est qu’il se trouve de véritables manipulateurs qui transforment des opinions (souvent navrantes de bêtise et d'inculture) qui sont les leurs en opinions de tout un ensemble pour mieux se persuader de leurs caractères irrécusables. Ce sont tout simplement des démagogues qui essentialisent leurs idées partisanes pour mieux les faire adopter tout en interdisant l'esprit critique d'opérer. Ce qui m’intéresse donc c’est de pulvériser tous les mythes et toutes les idées-fausses qui nourrissent l’incompréhension de la réalité complexe du racisme et de ses conséquences sur ceux qui le subissent. Donc lorsque l’on entend des gens nier, mépriser ou banaliser tous les corollaires du racisme malgré les terribles conséquences qui en découlent et que, dans le même temps, ces mêmes personnes nous assomment d’allusions au métissage et à la race, il faut prendre le temps d’étudier ces concepts. Le débat à lui seul n’est même pas placé au même niveau de réflexion chez les deux parties : les uns dénoncent le « racisme » en tant que structure d’oppression pendant que les autres évoquent la « race » en tant que catégorie biologique. D’où leur obsession sur la question du métissage qui, pour la première catégorie, est à juste titre une vaste pantalonnade sans intérêt. Qu’est-ce que la question biologique vient faire dans la dénonciation d’un phénomène complexe qui a des implications psychologiques et sociales bien plus importantes que biologiques ? Nous n’avons pas à combattre le racisme en fonction de l’atteinte d’un but imaginaire qui serait le métissage. Nous avons à le combattre parce qu’il exclut, parce qu’il humilie, parce qu’il dévalorise des individus. Nous n’avons pas à laisser faire du métissage, qui est une réalité universelle et intemporelle, un instrument salvateur que des manipulateurs utilisent pour piéger le débat, détourner les attentions et maintenir les exclus dans les conditions précaires. Comment faire en sorte que des comportements sociaux aliénants qui sont hérités du racisme ne soient jamais remis en question, s’agissant de certaines personnes ? C’est simple : lorsque des comportements sociaux aliénants sont mis à l’index, il suffit à ceux qui les exploitent comme à ceux qui les portent en eux, de racialiser le débat pour que brusquement celui-ci n’ait plus aucun sens et perde de sa cohérence. Ces névrosés mettent tellement d’espérance dans leur volonté de se faire accepter que, du coup, toute banalité devient une opportunité à saisir pour vendre leurs désirs déguisés sous le masque de la « fraternité entre les races ». Un Blanc épouse une Noire ? Ils essayent de convaincre le monde entier qu’il y a là le commencement d’un « rapprochement entre les races ». Ils inventent une dimension morale à une situation dont ils ne connaissent absolument rien mais préjugent sur la seule base de la « différence raciale » puisque cette occasion leur donne une occasion unique de faire l’article sur leurs subjectivités. Ça en devient presque risible. Du coup, parler d’antiracisme avec ces gens devient une galéjade : pendant que certains s’échinent à dénoncer le racisme pour les bonnes raisons expliquées plus haut, ces pauvres bougres s’enferment dans les clichés et profitent de toutes les occasions possibles en ne cherchant l’antiracisme que dans la consommation du désir de chair blanche. On voit même des rappeurs dans cette optique, armé de tout un charabia pseudo-tolérant dont on ne comprend absolument rien. L’aliéné a donc parfaitement compris les règles du jeu et sait parfaitement comment les utiliser à son profit. On peut dire de lui qu’il sait « jouer du contraste » dans le sens où dès que ses attitudes personnelles sont critiquées et que cette critique risque de mettre au grand jour des aspects peu reluisants, il brandit le « contraste racial » et rappelle que, dans son cas, c’est là-dessus qu’il faut le juger et sur rien d’autre. De l’autre côté, le cynisme est tout aussi nauséabond : on veut continuer à exploiter des réalités aliénantes au travers desquelles on incarne tout ce que les complexés admirent secrètement sans oser le dire. On considère avoir la « bonne place », celle de l'être suprême que les pauvres bougres complexés convoitent et, logiquement, on voit d’un très mauvais œil toute critique réellement constructive qui chamboulerait cet ordre. ©Kahm Piankhy - septembre 2007 Auteur de « L’idéologie de la distance raciale » - 2007 Source : www.Piankhy.com http://myspace.com/piankhy75
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